Une Charte pour les producteurs de la FNAB

L’assemblée générale de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) s’est tenue à Paris les 4 et 5 avril derniers. Dans un contexte sans précédent de conversion et de changement d’échelle, les 130 productrices et producteurs bio présents, représentants de toutes les régions de France, ont tenu à réaffirmer les valeurs qui fondent leur projet agricole et sociétal en adoptant une Charte des valeurs de la FNAB et de son réseau.

Extraits

Cette Charte a pour objet de décrire les valeurs et objectifs d’un « développement cohérent, durable et solidaire de l’agriculture biologique » tel que stipulé dans les statuts fondateurs de la FNAB. L’adhésion aux principes de cette charte est ouverte à toutes les organisations citoyennes, économiques, sociales qui souhaiteraient pouvoir y contribuer dans le cadre d’un «mouvement de la bio» acteur de la transformation sociale.

L’agriculture biologique est une alternative agricole, alimentaire et sociétale crédible et nécessaire vis-à-vis des problèmes environnementaux, climatiques, sociaux et économiques de plus en plus criants en France mais aussi dans le monde (émissions de gaz à effet de serre, pollutions de l’eau, érosion des sols, pertes de biodiversité, chômage, inégalités entre es populations les plus pauvres et les plus riches). En ce sens, l’agriculture biologique, au-delà des seules pratiques agrobiologiques contenues dans son cahier des charges, constitue un projet d’évolution profonde de l’organisation agro-alimentaire actuelle pour créer, au sein d’un mouvement mondial, une économie relocalisable et solidaire.

Nous souhaitons que l’extension des surfaces en agriculture biologique recouvre à long terme la totalité de la surface agricole. Parallèlement, nous souhaitons que ce développement se fasse selon un certain nombre de principes qualitatifs qui vont au-delà de ceux qui sont contenus dans le règlement de l’agriculture biologique européen. Principes que nous pouvons résumer en « démarche de progrès ».

I. Pour une transition écologique de notre société

L’agriculture biologique se base sur l’agronomie et une approche systémique des fermes et à ce titre s’inscrit pleinement dans l’agro-écologie. Les fermes sont considérées comme des domaines agricoles où les Hommes, les animaux et la nature vivent en harmonie.

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II. Pour une économie équitable dans les territoires

Les agrobiologistes et leurs partenaires souhaitent construire des filières innovantes, territorialisées, durables, et équitables afin de donner l’accessibilité, pour toutes et tous, à des produits de haute qualité nutritionnelle et organoleptique.Des filières qui s’attachent à partager, sur un territoire, un projet commun entre des acteurs parfois très différents, afin de valoriser, toutes les dimensions de l’agriculture biologique, à savoir la rémunération économique mais aussi les valeurs environnementales et sociales : vivre de son métier dans des conditions sociales valorisantes pour l’agriculteur mais aussi ses salariés s’il en a.

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III. Pour une société plus humaine et solidaire

L’agriculture biologique participe à un projet de société. Il a pour but, à travers les moyens qu’il préconise, de redonner un sens aux actions quotidiennes de chacun, de relocaliser l’économie et de faire en sorte que l’humain en soit le cœur et non l’outil, de recréer un lien fort entre les villes et les campagnes, et de tisser un lien durable entre l’environnement, la santé et l’alimentation. Nous devons œuvrer ensemble à une société plus juste, plus harmonieuse et plus équitable. En un mot : solidaire.

 

« Au nom des paysannes et paysans bio, je réaffirme aujourd’hui que nous souhaitons construire, avec les transformateurs, les distributeurs, les consom’acteurs, les citoyens un véritable projet de société qui dépasse largement la sphère agricole », a conclu Stéphanie Pageot, présidente de la FNAB.