Pas de tomates bio en hiver : non aux serres chauffées !

Le 29 mai 2019, la FNAB a lancé, aux côtés de la Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH), le Réseau Action Climat (RAC) et Greenpeace un vaste mouvement de mobilisation citoyenne contre le chauffage des serres en agriculture biologique. Un mois jours plus tard, la pétition signée par plus d’une cinquantaine de dététicien.nes, nutritionnistes, chef.fes gastronomiques et de collectivités a recueillie plus de 72 000 signatures.

En restauration collective et commerciale, le respect de la saisonnalité des produits redevient peu à peu un élément structurant de l’élaboration des menus. Que ce soit pour des raisons environnementales, gustatives et/ou économiques, de plus en plus de cuisinier.ère.s redéfinissent leurs pratiques pour mieux tenir compte du cycle naturel des saisons.

Si l’agriculture biologique était jusqu’ici relativement à l’abri des dérives de production végétales désaisonnées, de nouveaux acteurs s’installent avec des projets de serres chauffées permettant de produire des légumes d’été (tomates, aubergines, concombres) quand la température extérieure ainsi que la lumière naturelle ne le permettent pas. Bien que le cahier des charges bio impose le « respect des cycles naturels » ainsi qu’une « utilisation responsable de l’énergie », le chauffage des serres n’est pour l’instant pas inscrit noir sur blanc comme pratique interdite ce qui a permis l’émergence de projets de ce type. 

source image : CAB Pays de la Loire

Si le bon sens semble indiquer qu’une restauration collective durable est une restauration collective locale, les études scientifiques les plus récentes démontrent que le trajet effectué par les aliments entre lieu de production et lieu de consommation est en réalité négligeable par rapport aux modes de production. L’étude FoodGES de l’ADEME a mis en évidence qu’une tomate produite en France sous serre chauffée est responsable de 4 fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate importée d’Espagne et 8 fois plus qu’une tomate produite en France en saison.

Le 18 juin 2019, Didier Guillaume (Ministre de l'Agriculture) s'est opposé au chauffage des serres à l'occasion du séminaire internation de l'agriculture biologique : « Il y a un débat, aujourd'hui, qui nous interroge beaucoup, (...) c'est celui du chauffage des serres. Je ne suis pas favorable au chauffage des serres, parce qu'il faut respecter les rythmes biologiques ». Pour autant, rien n'est encore gagné et le Comité National de l'Agriculture Biologique (CNAB) sera le seul organe qui pourra autoriser, ou non, cette pratique. 

Au 1er janvier 2022, l’agriculture biologique fournira 20% des denrées de la restauration collective publique (loi issue des EGAlim). Mobilisons-nous pour une agriculture biologique exigeante, locale et de saison : dites non aux serres chauffées en signant la pétition portée par la FNAB, la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), le Réseau Action Climat (RAC) ainsi que Greenpeace.

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