"Moins de bidoche à la cantoche"

Nous y sommes, cela fait presque un an que la loi issue des EGAlim a été promulguée. Le 1er novembre prochain, l’ensemble des cantines scolaires publiques devront expérimenter un repas végétarien par semaine pour une durée de 2 ans.

Sur le terrain, tout semble indiquer qu’un grand nombre de communes ne seront pas en mesure de respecter cette obligation réglementaire.

C’est le constat inquiétant que fait Fanelli Walter, coordinatrice de Bio46, membre du réseau FNAB : « A chaque fois que je rencontre des chef·fe·s ou des gestionnaires de restauration collective, ils/elles ne sont pas au courant des nouvelles règles qui vont sortir. » 

Pourtant, ce nouveau virage de la restauration collective est une vraie opportunité pour les enfants et pour la planète. Avec 4 milliards de repas par an, la restauration scolaire est un vrai levier de modification des pratiques alimentaires et de réduction de l’impact de l’élevage industriel sur la planète et le climat. L’introduction d’alternatives végétariennes devrait aussi permettre de réduire le gaspillage alimentaire dans les restaurants. A l’heure actuelle, de nombreux enfants ne touchent pas à la viande dans leur assiette par goût ou par conviction religieuse.

Pour les enfants, c’est donc aussi l’occasion de prendre le contrôle de leur alimentation et de devenir, pas à pas, des mangeurs responsables. Fini la viande placée dans l’assiette « par défaut » à chaque repas, il est maintenant possible de choisir et avec le choix vient la réflexion. Côté nutritionnel, cette mesure est une véritable avancée puisque l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) a constaté que les enfants entre 3 et 11 ans consommaient en moyenne deux fois plus de protéines que nécessaire.

Alors que l’idée d’une éducation à l’alimentation se fait de plus en plus entendre, certaines écoles ont saisi l’opportunité de ce changement de pratiques pour inclure les enfants dans la constitution des nouveaux menus et le choix des alternatives végétariennes. A Bondy (Seine Saint-Denis), le panel d’écoliers a préféré les lasagnes végétariennes au tajine aux boulettes de lentilles et sarrasin (Le Parisien).

L’absence de moyens déployés par l’Etat pour faire appliquer la loi EGAlim commence d’ores et déjà à se faire ressentir. A ce jour, nous pouvons faire le constat que l’ensemble des cantines scolaires ne seront pas au rendez-vous de l’intégration d’un repas végétarien par semaine dans les menus. Sans plus moyens financiers prévus pour informer et former les cuisines aux changements de pratiques induits par la loi issue des EGAlim, atteindront-elles un approvisionnement contenant 50% de produits durables dont 20% de produits bio (ou en conversion) au 1er janvier 2022 ? Rien n’est moins sûr.