Etude : Bilan énergétique et carbone de l'alimentation en France

de la production à la consommation

Une nouvelle étude co-signée par le CIRED, l'IDDRI, le CNRS, EDF R&D, Fire, Phi Labs & SOLAGRO, soutenue par l'ADEME et le Ministère de l'Agriculture pointe l'alimentation comme levier capital pour la réduction de l'émission de gaz à effet de serre des ménages français.

Nécessité de diversifier les apports protéiques, d'accompagner le développement de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement par l'achat de produits issus d'exploitation aux pratiques vertueuses ou encore chercher à rapprocher lieux de production/transformation et lieux de consommation : autant de pistes proposée par cette nouvelle étude éclairante remise en avant au début du mois de mars 2019 par l'ADEME.

Quelques chiffres clés issus de cette étude et encourageant l'introduction de produits bio et locaux en restauration collective :

- 1 360 km/personne/an sont parcourus pour les achats alimentaires et la restauration hors domicile, induisant l’émission de 8,5 MtCO2 par les ménages.

- La restauration collective dans les établissements d’enseignement, les hôpitaux et les maisons de retraite, pèse pour 13 % des émissions du tertiaire.

- Un repas hors domicile émettrait près de deux fois plus d’émissions qu’un repas au domicile.

Inclure des denrées bio et locales dans les menus de la restauration hors domicile, c'est réduire les émissions de gaz à effet de serre liée à la fabrication et à l'utilisation de produits phytosanitaires et d'engrais de synthèse. Ces produits sont reponsables de plus de 20% du bilan carbone total de l'achat alimentaire. "Une simulation faite dans le cadre du projet CECAM montre qu’un régime réduisant d’environ la moitié la consommation de viande et de produits laitiers au profit d’une augmentation de la consommation d’aliments végétaux, associée à une évolution des pratiques agricoles plus économes en intrants et à une réallocation des terres agricoles, permettrait de réduire l’empreinte carbone du stade agricole par deux".

La proximité du lieu de production permet aussi de réduire l'impact du transport qui compte aujourd'hui pour 19% des émissions de carbone issues de l'alimentation des ménages en France. Cela conduirait également à une réduction de 25 % des émissions du transport de marchandises liés aux importations, du fait simplement de la baisse de volume de celles-ci.