Engouement pour le "local" : quelle place pour la bio ?

Vers la fin des années 2000, une forte dynamique en faveur des produits bio en restauration collective avait été initiée, notamment grâce au Grenelle de l’Environnement. Puis, progressivement, d’autres notions ont fait leur apparition et suscité un intérêt grandissant : restauration durable, responsable, produits de saison, en circuits courts et en particulier l’approvisionnement local. Dans ce contexte, la FNAB a souhaité mener une étude sociologique pour mieux comprendre les perceptions des acteurs de la restauration collective et analyser la place de la bio dans cet engouement pour le local.  Voici les principaux résultats :

 

Comment la bio et le local sont perçus par les acteurs de la restauration ?

Les acteurs de la restauration collective perçoivent le produit bio comme meilleur pour la santé et l’environnement. La présence du label rassure et est reconnue comme une garantie (du moins pour la bio française). Néanmoins, la bio pâtit encore de nombreuses idées reçues : surcoût injustifié, manœuvre marketing, parcelles en bio polluées par les voisins conventionnels, incohérence de la bio qui vient de loin, etc.

En ce qui concerne le local, les représentations des acteurs vont bien au-delà de la définition formelle. En effet, il est associé, et parfois confondu, avec d’autres notions : circuits courts, « petits » producteurs, authenticité et savoir-faire traditionnel, fraicheur et saisonnalité, goût, traçabilité, santé et environnement. Quoiqu’il en soit, le local rassure, génère de la confiance et (re)-donne une identité au produit. Et surtout, s’approvisionner localement est considéré comme une démarche engagée au service de l’économie locale.

Quelle place pour la bio ?

Pour la plupart des acteurs, soutenir l’économie locale prime par rapport à la protection de l’environnement ou de la santé. Cela s’inscrit dans la tendance « Made in France » générée par les crises économique et agricole. Pour les consommateurs, le local y répond directement alors que les impacts positifs de la bio sur l’emploi local (+60% de main d’œuvre) sont encore peu connus. Toutefois, le local est devenu un outil marketing et politique. De nombreux acteurs, institutionnels ou économiques, « surfent » sur cette vague en associant dans leurs messages, proximité et qualité.

Malgré ces dérives, les acteurs de la restauration collective ont bien conscience que le local n’apporte pas de garanties concernant la qualité des méthodes de production et de fabrication (utilisation d’OGM importés dans l’alimentation animale, utilisation de pesticides ou engrais chimiques, etc.). D’ailleurs, ce qui compte pour eux n’est pas de choisir entre le local ou le bio mais de s’inscrire dans une démarche cohérente et qui a du sens ! De plus, ils sont de plus en plus demandeurs d’information sur les modes de production : l’approvisionnement en produits locaux non bio, peut donc constituer un premier pas vers la prise en compte de la qualité globale et notamment des modes de production. Enfin, les filières bio locales ont une longueur d’avance pour approvisionner la restauration collective : il est souvent plus facile de s’approvisionner en bio local, qu’en local non bio !

Manger bio et local, c'est l'idéal ® 2016

En conclusion, l’engouement grandissant pour le local en restauration collective peut contribuer au développement de l’approvisionnement bio local puisque les acteurs souhaitent s’inscrire dans des démarches cohérentes avant tout : économie locale, environnement, nutrition/santé, etc. Toutefois, des confusions demeurent - et sont parfois entretenues par les discours politiques et marketing - entre les notions de proximité et de qualité. Il est donc important de continuer à informer les consommateurs sur la réalité des filières agricoles et des modes de production.

> Pour aller plus loin :

- la synthèse de cette étude est disponible sur simple demande via ce formulaire

- consultez l'édition 2016 du "petit guide pour mes amis Biosceptiques"