Appel à projet ministériel concernant la restauration à l’hôpital

Dénutrition : de quoi parle-t-on ? 

La dénutrition, c’est une insuffisance d’apports nutritionnels par rapport aux besoins de l’organisme.  

Plus concrètement, en lieu et place des 2500 calories recommandées sur les plateaux repas de ces établissements, on en compte souvent 1700. Ajoutons à cela qu’en moyenne, 150g du plateau n’est pas consommé par les résident.e.s ou les patient.e.s et cela nous conduit à la situation dans laquelle nous nous trouvons.

bio hopital ehpad

Principalement en cause : l’offre alimentaire peu attrayante proposée par ces restaurants qui vient renforcer des pertes d’appétits provoquées par la maladie. Le budget journalier moyen pour nourrir les patient.e.s se trouvant aux alentours de 3,73€ (coût matière), il c'est la qualité des plateaux repas qui en pâtit.

Une enquête de satisfaction menée début 2018 auprès de patient.e.s d’une vingtaine d’établissements de l’Assistance Publique-Hopitaux de Paris (APHP) a confirmé ce constat d’un verdict sans appel : la nourriture arrive en 6ème (et dernière) place dans le classement des items proposés (chambre, accueil, prise en charge médicale…) avec une note moyenne de 54/100, soit à peine la moyenne.

Pour l’instant, la solution majoritairement adoptée par les EHPAD et les hôpitaux consiste à rajouter des compléments alimentaires dans les assiettes des patient.e.s dénutri.e.s. Ces dépenses peuvent être colossales et se chiffrer en plusieurs centaines de milliers d’euros pour de grands hôpitaux.

Heureusement, plusieurs acteurs se sont mobilisés face à cet état des lieux déconcertant. Restau’Co (réseau interprofessionnel de la restauration collective) ainsi que la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) se sont regroupés à l’initiative du projet « Repas à l’Hôpital » soutenu par le ministère de la Santé, Matignon et l’Elysée.

Ce projet a pour ambition de changer cet état de fait et de « faire revenir le plaisir à la table des patients ». Suite à un appel à manifestation d’intérêt, 6 établissements seront pré-selectionnés pour un audit par des professionnel.le.s de la restauration, des médecins et de représentant.e.s des patient.e .s.

A l’issu d’expérimentations qui se dérouleront entre avril 2019 et juin 2020, ces établissements pilotes diffuseront les bonnes pratiques mises en place.